Afrique subsaharienne : c’est maintenant qu’il faut agir
IMF Blog, June 28, 2021
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- Afrique subsaharienne : c’est maintenant qu’il faut agir
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- Authors: Kristalina Georgieva, Abebe Aemro Selassie
- Published: June 28, 2021
Situation épidémiologique actuelle
- La région est aux prises avec une troisième vague de COVID-19 qui risque d’être encore plus grave que les deux précédentes.
- L’augmentation des contaminations en Afrique subsaharienne est désormais la plus rapide au monde ; avec cette trajectoire effrénée, le record enregistré lors de la deuxième vague devrait être dépassé.
- Dans certains pays, les infections ont déjà plus que doublé, voire triplé, par rapport aux chiffres de janvier.
- Le dernier variant (delta), qui serait 60 % plus transmissible que les précédents, a été détecté dans 14 pays.
- Exemples de dynamique rapide : en Namibie, le nombre de nouveaux cas a renoué avec le pic de janvier en à peine deux semaines, puis encore triplé deux semaines plus tard.
Vulnérabilités et conséquences
- Mesures d’endiguement répétées sont de moins en moins viables en raison du coût économique et social élevé.
- Beaucoup de pays abordent la troisième vague avec moins de ressources budgétaires et des bilans des ménages épuisés par rapport aux vagues précédentes.
- Systèmes de santé locaux mis à rude épreuve :
- Hôpitaux débordés ; patients mourant en attendant des lits.
- Opérations chirurgicales non urgentes annulées pour libérer des places.
- Hôpitaux militaires accueillant des patients civils.
- Manque d’oxygène devenu une contrainte majeure.
- Personnel soignant insuffisant et travaillant dans des conditions dangereuses.
- Risques macroéconomiques et sociaux si la vaccination n’accélère pas :
- Vagues d’infection répétées, plus de décès, pertes de moyens d’existence parmi les plus vulnérables.
- Paralysie de l’investissement, de la productivité et de la croissance.
- Augmentation de la probabilité d’apparition de variants de plus en plus dangereux.
Campagne de vaccination — objectifs et étapes recommandées
- Objectifs proposés par le FMI :
- Vacciner au moins 40 % de la population totale de tous les pays d’ici à la fin 2021.
- Vacciner au moins 60 % d’ici la fin du premier semestre 2022.
- Répartition envisagée pour l’Afrique :
- 30 % de la population grâce au dispositif COVAX.
- 30 % supplémentaires grâce à l’Équipe spéciale africaine d’acquisition de vaccins (AVATT).
- Cible opérationnelle à court terme :
- Faire parvenir 250 millions de doses à la région d’ici à septembre.
- Sept grandes étapes nécessaires :
1. Mettre sans délai des vaccins à la disposition de l’Afrique subsaharienne ; convaincre les pays avancés de partager leurs stocks bilatéralement ou via des initiatives multilatérales. Des promesses de dons pour plus d’un demi-milliard de doses ont été faites en faveur du dispositif COVAX ; ces promesses doivent se concrétiser sous forme de livraisons rapides. 2. Les fabricants de vaccins devraient accélérer l’approvisionnement de l’Afrique pour le reste de l’année ; les pays avancés disposant de capacités de fabrication devraient encourager les producteurs, surtout lorsque la demande locale est inférieure à l’offre. 3. Intégralement financer l’équipe AVATT afin de pouvoir vacciner 30 % de la population de l’Union africaine : montant estimé à 2 milliards de dollars pour, par exemple, exécuter le contrat optionnel de 180 millions de doses conclu avec J&J. 4. Lever les restrictions transfrontalières sur les exportations de matières premières et de vaccins finis, notamment pour assurer le plein fonctionnement d’Aspen en Afrique du Sud et la reprise des exportations du Serum Institute of India destinées à COVAX. 5. Prévoir un financement d’au moins 2,5 milliards de dollars et assurer une planification en amont pour que les systèmes de santé soient prêts à procéder aux injections dès que l’approvisionnement en vaccins s’accélérera. 6. Parallèlement à la vaccination, accélérer l’acquisition d’équipements sanitaires vitaux en cas de COVID-19 (médicaments, oxygène, matériel de protection individuelle) ; débloquer des financements urgents sous forme de dons pour acheter et livrer à l’avance un ensemble minimal d’outils sanitaires cruciaux contre la COVID-19. 7. Mobiliser un effort concerté de la communauté internationale ; la majeure partie de l’aide devra prendre la forme de dons ou de prêts concessionnels en raison des niveaux d’endettement déjà élevés dans la région.
- Observations opérationnelles :
- Moins d’un adulte sur cent est entièrement vacciné, alors que la moyenne est de plus de 30 dans des pays plus avancés.
- Certains pays (Eswatini, Ghana, Kenya, Namibie, Rwanda) ont administré rapidement et efficacement le peu de doses reçues ; les pénuries d’approvisionnement, et non la capacité d’administration, constituent jusqu’ici la principale entrave.
- Exemples de pays ayant intensifié rapidement leur campagne une fois les livraisons reçues : Seychelles, Mongolie, Bhoutan, Maldives.
Financement et soutien international
- Montants et mécanismes évoqués :
- Financement estimé pour l’AVATT : 2 milliards de dollars (pour permettre, par exemple, l’exécution de l’option de 180 millions de doses avec J&J).
- Financement requis pour préparation des systèmes de santé : au moins 2,5 milliards de dollars.
- Promesses de dons pour plus d’un demi-milliard de doses en faveur de COVAX.
- Nature de l’aide recommandée :
- La majeure partie de l’aide financière devra être sous forme de dons ou de prêts concessionnels.
- Nécessité de livraisons effectives et rapides des doses promises.
- Levée des entraves commerciales et des restrictions à l’exportation pour garantir l’approvisionnement.
Rôle du FMI et des partenaires multilatéraux
- Actions et engagements mentionnés :
- Le FMI a formé une équipe spéciale avec la Banque mondiale, l’OMS, l’OMC et d’autres organisations pour veiller à ce que les pays obtiennent les ressources et les vaccins dont ils ont besoin.
- Le FMI a accru ses financements en faveur de l’Afrique subsaharienne : l’an dernier, ils équivalaient à 13 fois notre moyenne annuelle.
- Soutien en faveur d’une augmentation des limites d’accès aux ressources du FMI pour renforcer la capacité d’accorder des prêts sans intérêt.
- Nouvelle allocation de DTS d’un montant record de 650 milliards de dollars : elle mettra 23 milliards de dollars à la disposition des pays membres en Afrique subsaharienne une fois approuvée.
- Appel à l’action collective :
- La gravité et l’urgence de la situation nécessitent que les pays du monde entier unissent leurs efforts.
- La vaccination est un intérêt public mondial : l’effort de vaccination le plus durable est celui qui permet à chacun, dans chaque pays, d’en bénéficier.
Kristalina Georgieva; Abebe Aemro Selassie (directeur du département Afrique du FMI) — texte fourni sur la page
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